Expatriation temporaire : et si cette vie-là avait plus à vous apporter ?

Par Virginie

Il y a une chose que je remarque souvent chez les femmes expatriées autour de moi. Quelque chose de discret, qui me touche à chaque fois — peut‑être parce que je la comprends même si je ne m'y identifie pas.

Ce quelque chose, c'est le fait que beaucoup d'entre elles vivent leur expatriation comme si elles n'étaient que de passage. Comme si leur vraie vie les attendait ailleurs — avant, ou après.

Et quand j’en parle avec elles, la réponse revient, naturelle, presque automatique : « On ne reste que quelques années de toute façon. » (cet article s'adresse spécifiquement aux expatriées qui ont suivi leur conjoint. Si vous avez décidé ce départ à deux, je parle de votre situation dans un autre article).

Alors, vous allez peut‑être me dire que c’est logique : puisque leur expatriation est bel et bien temporaire, quoi de plus normal que de la vivre ainsi ? Et vous n’auriez pas tout à fait tort.

Et pourtant, c’est précisément là que je voudrais m’arrêter un instant. Parce que le problème n’est pas qu'elles gèrent mal leur expatriation — au contraire, elles la gèrent déjà énormément. Ce que je trouve juste dommage, c’est qu’à force de se dire qu’elle a une fin, elles finissent par se mettre elles-mêmes entre parenthèses le temps que ça dure. Elles traversent ces « quelques années » en attendant.

Alors que, selon moi, ces années‑là pourraient leur apporter quelque chose de précieux — à elles aussi.

Quelques années. Vraiment ?

Commençons par là. Trois ans. Quatre ans. Cinq ans, parfois plus. C’est effectivement « quelques années ».

Mais prenons un instant pour compter ce que ça représente vraiment. Ce sont des centaines de matins, des milliers de soirées, des saisons entières — vécues ici, dans cette vie‑là.

Ce n'est pas une parenthèse. C'est une portion entière de leur vie — mais aussi de celle de leur conjoint et de leurs enfants — réelle, concrète et surtout : irrécupérable.

Et pourtant, c’est bien souvent de cette manière qu'elles la voient. Elles se disent « ce n’est que pour quelques années », alors elles la vivent un peu en retrait.

Comme en pause, en attendant le retour. Comme si cette vie‑là — et elles, dedans — ne méritait pas vraiment qu’elles s’y investissent. Comme si vouloir quelque chose pour elles, ici et maintenant, c’était prendre cette expatriation un peu trop au sérieux. Elles la prennent effectivement au sérieux pour leur famille, pour leurs enfants, pour leur mari. Mais pour elles...

Ce que le provisoire dit d'elles

Vivre un peu en retrait, ça ne fait pas de bruit. Le plus souvent, ça prend la forme de petits « pas la peine » : pas la peine de vraiment m’investir là-dedans, pas la peine de trop m’attacher à cet endroit, pas la peine de me lancer dans ce projet — on repart bientôt, de toute façon.

Mais ces petits « pas la peine », mis bout à bout, disent quelque chose.

C’est un signal. Discret, silencieux, mais réel.

Celui qui dit que cette vie-là — celle d’ici, celle d’aujourd’hui — n’est pas tout à fait considérée comme la leur. Qu’elle est en attente. En suspens. Que la vraie vie, elle, reprendra plus tard — quand elles seront rentrées, quand tout ça sera derrière elles.

Or cette attente a un coût. Pas financier — humain.

Vivre des années en attendant la « vraie » vie, c’est vivre des années un peu de manière effacée, un peu à côté de la sienne. Pas suffisant pour déclencher une alarme. Mais suffisant pour entretenir ce sentiment diffus qu’on a accepté cette expatriation principalement pour ce qu’elle allait apporter à ceux qu’on aime — mais pas vraiment pour soi.

Femme un peu floue dans son intérieur, le regard ailleurs — présente chez elle mais un peu à l'arrière-plan de sa propre vie d'expatriée

Ici et maintenant aussi : c’est votre vie

Et c'est là le message le plus important à comprendre : cette vie-ci, c'est aussi et encore votre vie.

Car il y a une croyance très répandue chez les femmes qui ont suivi leur conjoint à l'étranger : celle que l'expatriation est une parenthèse. Positive, certes — une aventure, une chance, une expérience. Mais une parenthèse quand même.

Ce que je voudrais vous proposer aujourd'hui, c'est une autre façon de la regarder.

Et si ces années — qu'elles soient deux, trois, cinq ou dix — n'étaient pas une parenthèse dans votre vie, mais une partie entière de celle-ci ? Avec le même droit d'être vécue pleinement, habitée vraiment, choisie consciemment ?

S'autoriser à vivre pleinement cette vie-là, c'est s'autoriser à exister vraiment là où on est, le temps qu'on y est. Maintenant. Pas dans la prochaine ville, pas après le retour, pas "quand on sera rentrés".

Maintenant.

Et vous, où en êtes-vous ?

À ce stade, il y a une question simple que je vous invite à vous poser, aujourd’hui : est-ce que vous vivez vraiment cette vie-là ? Ou est-ce que vous la vivez surtout « en attendant » ?

Vous n’avez pas besoin de tout changer. Juste de regarder honnêtement où vous en êtes.

Parce que la façon dont vous vivez cette période en dit long sur la place que vous vous accordez, à vous, dans votre expatriation.

Et si vous sentez qu’effectivement, quelque chose mérite d’être regardé de plus près dans votre expatriation, ici et maintenant — c’est exactement ce que L’Escale vous propose : une halte pour faire le point sur cette vie-là, et sur où vous en êtes.

Pas pour tout réorganiser — mais pour reprendre votre expatriation en main. Pour y voir clair sur ce que ces années peuvent vous apporter — à vous, pas seulement à ceux que vous aimez, mais à vous aussi.

Femme à vélo dans sa ville, bras ouverts et souriante sous la lumière d'automne — vivre pleinement son expatriation temporaire, ici et maintenant

Coaching pour femmes expatriées francophones.