Rentrée scolaire en expatriation : et si ce n’était pas si compliqué que vous le pensez ?

Par Virginie

La rentrée est là. Et si vous êtes maman en expatriation, il y a de fortes chances qu'elle occupe une bonne partie de votre esprit.

Deux inquiétudes, en réalité, qui cohabitent.

La première, la plus bruyante : eux. Vos enfants. Vont-ils s'intégrer, se faire des amis, trouver leur place dans cette école, dans cette langue, dans ce pays qu'ils n'ont pas choisi ?

Et une seconde, indirecte mais tout aussi importante : et vous ? Vos liens, votre place à vous dans ce nouveau quotidien. Parce qu'on vous l'a sûrement déjà dit — la sortie d'école, c'est censé être le moment pour rencontrer du monde.

On va parler des deux. En commençant par ce qui vous préoccupe sûrement le plus.

Vos enfants, d'abord

Il y a une culpabilité très particulière, quand on est mère expatriée à l'heure de la rentrée. Celle de se dire, consciemment ou inconsciemment : c'est nous qui leur avons imposé ça. Nouveau pays, nouvelle école, nouvelle langue parfois, et tous leurs anciens amis restés loin derrière. On voudrait tellement que ça se passe bien qu'on en a le ventre noué avant même le premier jour.

Alors laissez-moi vous dire ce que j'ai observé — chez mes propres filles, et autour de moi. La plupart du temps, ça se passe mieux qu'on ne l'avait craint. Pas parfaitement, je ne vais pas vous mentir. Il y a des jours où leurs anciennes copines leur manquent, des soirs plus compliqués que d’autres, des moments de flottement. Mais les enfants ont une capacité d'adaptation qui dépasse souvent la nôtre. Ils trouvent leurs repères et leur rythme plus vite qu'on ne l'imagine.

Je ne vous dis pas que tout est finalement lisse, encore moins dès le premier jour. Mais je vous invite juste à prendre rendez-vous avec vous-même dans quelques semaines pour repenser à cette rentrée scolaire – pour faire le point. Vous verrez alors sûrement — comme moi j’ai pu le voir — que l’insertion de vos enfants dans leur nouvelle école c’est peut-être finalement mieux passée que ce que vous craigniez.

Voilà. Rendez-vous, donc, dans quelques semaines. Et maintenant, parlons de l’autre point qui vous interroge aussi peut-être : vous.

Et vous, à la sortie de l'école

Oui, c'est vrai : la sortie d'école est l'un des meilleurs terrains sociaux qui soient pour une expatriée. Des visages qu'on recroise chaque jour, d'autres parents souvent dans la même situation, des enfants qui deviennent amis et rapprochent les familles. Ça, vous vous en doutiez déjà ou vous le savez déjà — inutile d’énormément creuser le sujet.

Ce que je voudrais soulever, c’est plutôt autre chose.


Pour certaines, les rencontres se font, les liens se tissent, assez vite et facilement. Pour d'autres, c'est plus lent, plus tâtonnant.

En réalité, il existe deux façons de vivre ce moment de rencontres, aussi normales l'une que l'autre
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Votre rythme est le bon

Il y a les personnes pour qui ça accroche vite. En quelques semaines, elles ont leur petit groupe, leurs cafés, leurs invitations. Et c’est très bien ainsi, car c'est souvent une question de tempérament, de langue déjà maîtrisée, ou même simplement de hasard des rencontres.

Et il y a celles pour qui c'est plus long. Des mois, parfois. Qui regardent les premières et se disent « pourquoi moi je n’y arrive pas ? ». Ici, rien ne cloche non plus. Le lien ne se tisse pas au même rythme pour tout le monde, et un rythme lent n'est ni un défaut de personnalité, ni un échec. C'en est juste un autre.

Deux femmes expatriées qui discutent chaleureusement dans la rue, à la sortie de l'école

Je vais vous confier quelque chose. Moi, je suis plutôt dans le second cas. Ici, les liens se sont tissés lentement — et ça me convient. J'ai de belles relations, on s'invite, je passe parfois au café du jeudi entre expats. Simplement, je n'ai jamais cherché à avoir un agenda plein : j'aime mon rythme, car il me laisse du temps pour ce qui compte aussi beaucoup pour moi — comme mon projet par exemple.

Je vous dis ça pour une raison précise. Que le lien social soit une grande priorité pour vous — ou pas — les deux sont parfaitement légitimes. Si vous en avez profondément besoin, ce besoin est juste, et il mérite que vous l'honoriez. Si vous pensez qu’il vous manque certaines relations pour vous sentir davantage épanouie, alors laissez simplement du temps au temps. Et si — comme moi — un cercle réduit vous convient, alors vous savez que c'est un choix, pas un manque.

Il n'y a pas de bonne quantité d'amies. Il y a la vôtre.


J'en parle autrement
dans cet article sur ce que veut dire, vraiment, s'épanouir en expatriation — parce que là aussi, votre rythme n'a pas à ressembler à celui de la voisine.

Comment s'y prendre

Que vous ressentiez que vous ayez besoin de nouer davantage de relations ou juste qu’il vous en manque quelques-unes pour vous sentir équilibrée, vous n’avez pas besoin de « techniques » — vous n'êtes pas en train de démarcher.

Ce dont vous avez surtout besoin, c’est de quelques changements de regard, qui, eux, changent tout.


Cesser d'attendre que ça vienne. Le lien, à l'âge adulte et à l'étranger, se provoque presque toujours. Proposer un café après l'école, un goûter entre enfants, ce n'est pas « s'imposer » — c'est simplement faire le premier pas que l'autre, tout aussi occupée ou peut-être intimidée, n'a pas fait.

Ne pas lire un rejet là où il n'y en a pas. Cette maman qui ne vous a pas calculée ce matin n'a probablement rien contre vous : elle était pressée, préoccupée, ou aussi timide que vous peut-être. Un groupe déjà occupé n'est pas une porte fermée.

Oser, même maladroitement. Et là, je vais me livrer un peu. Je ne suis pas la personne la plus douée en relations — j'ai une mémoire médiocre pour ces choses-là, et j'ai fait des gaffes. Un jour, j'ai demandé à une maman à la sortie de l'école de me répondre à propos d’un message WhatsApp que je lui avais envoyé environ une semaine plus tôt. Ce à quoi, elle m’a répondu, de manière étonnée au départ puis amusée ensuite, que non seulement si : elle m’avait répondu… et moi aussi, j'avais déjà répondu à sa réponse. En vérifiant, je n’ai pu que constater qu’elle avait raison. Une autre maman, témoin de la scène, a souri et m'a gentiment glissé « tu dois être un peu fatiguée, toi ». On a ri. Et voilà. Je n'en suis pas morte. C'est même devenu une anecdote que je vous raconte aujourd'hui. Vous aussi, vous ferez des maladresses. Et vous non plus, vous n'en mourrez pas.

Miser sur une personne, pas sur « le groupe ». On ne s'intègre pas à une foule. On se lie à quelqu'un. Une seule vraie affinité vaut mieux que dix contacts polis — et c'est souvent par une personne qu'on finit, doucement, par entrer dans tout le reste.

Cette rentrée, la leur et la vôtre

Vos enfants trouveront leur place. Plus vite, souvent, que vous ne le craignez. Et vous, vous trouverez la vôtre aussi — à votre rythme, qui n'a pas à ressembler à celui d'une autre.

Et ce rythme, au fond, il dépend surtout d'une chose : savoir ce que vous, vous voulez vraiment. Combien de place vous voulez donner aux autres et combien vous souhaitez en garder pour vos projets. Quand c'est clair, tout le reste — les rencontres, les liens — se vit plus simplement.

Reste que « savoir ce qu'on veut vraiment », ce n'est pas une évidence qui tombe toute seule un matin. Ça se pose, ça se déroule, ça a besoin d'un peu de méthode et des bonnes questions.


Et ça, c’est justement le point de départ que L'Escale vous offre : un premier pas, court et accessible, pour commencer à y voir clair sur ce que vous voulez, pour vous, dans cette nouvelle vie.

Femme expatriée posée et songeuse, une tasse à la main, dans une lumière d'automne

Coaching pour femmes expatriées francophones.