Vie sociale en expatriation : ce qu'on imaginait, et ce qu'on trouve vraiment

Par Virginie

Avant même d'avoir posé vos valises, vous le saviez : l'expatriation, c'est une aventure sociale. On rencontre du monde, on élargit ses horizons, on tisse des liens avec des gens qu'on n'aurait jamais croisés autrement.

Et c'est vrai.

Mais quelques mois après l'arrivée, beaucoup d'expatriées font une observation un peu surprenante : oui, elles rencontrent du monde — mais pas forcément le monde qu'elles imaginaient. Elles pensaient s'imprégner de la culture locale, tisser des liens avec les habitants du pays, vivre une vraie immersion... Et en réalité, elles se retrouvent souvent entourées de personnes qui leur ressemblent — beaucoup.

Parce que l’expatriation a cette particularité de réussir à nous surprendre, parfois même là où on ne s’y attendait pas.

Les cercles qui se forment "tout seuls"

La première chose qu'on observe quand on s'installe dans un nouveau pays, c'est que les rencontres ne se font pas au hasard. Elles suivent des logiques assez prévisibles.

Les Français (ou francophones) se retrouvent entre eux — par langue, par culture, par réflexe de confort. Les mamans se retrouvent à la sortie de l'école — parce que c'est là, parce que c'est régulier, parce qu'on a tous les mêmes horaires. Les familles de la même entreprise gravitent naturellement ensemble — parce qu'elles ont le même cadre de référence, les mêmes questions pratiques, les mêmes événements programmés.

Ces regroupements ne sont ni bons ni mauvais. Ils sont humains. On cherche instinctivement ce qui nous ressemble, ce qui nous rassure, ce qui demande le moins d'effort quand tout le reste en demande énormément.

Ce qui est intéressant, c'est simplement d'en prendre conscience — parce que même si ce n'est pas tout à fait la vie sociale qu'on s'était imaginée avant de partir, elle a énormément de valeur et elle peut aussi parfois réserver de drôles de surprises.

Le cas des locaux — et pourquoi c'est parfois plus compliqué qu'on ne le pensait

Parlons d'une réalité que beaucoup d'expatriées découvrent avec une légère surprise : se lier d'amitié avec les habitants du pays d'accueil, c'est rarement aussi simple qu'on l'imaginait.

En Angleterre — et je parle d'expérience — ce que j'ai remarqué c'est que les Anglais sont sincèrement charmants. Souriants, polis, disponibles pour une conversation agréable. Mais de là à franchir le cap de la vraie amitié ? C'est une autre histoire. Il y a une distance culturelle, difficile à nommer précisément, qui fait que les relations restent souvent dans un registre sympathique mais superficiel. Chacun chez soi, avec le sourire.

Ce n'est pas un rejet. Ce n'est pas de la froideur. C'est simplement une façon différente d'envisager les relations sociales — et c’est là qu’on peut se rendre compte des limites qu’imposent parfois les différences culturelles.

Le comprendre change tout. Parce qu'alors, au lieu de se demander "qu'est-ce que j'ai fait de mal ?", on comprend que le problème ne vient pas de soi — c'est une question de culture. Et ça, ça a un côté rassurant et libérateur.

Les sorties organisées : imparfaites, mais indispensables

Alors, comment rencontrer des gens en dehors de ces cercles naturels ? La réponse, un peu frustrante au premier abord : en acceptant de participer à des événements nouveaux auxquels on n’a encore jamais participé — tout en prenant le risque de se retrouver parfois dans des situations un peu inconfortables.

Je me souviens de notre toute première sortie à Bristol, quelques semaines à peine après notre arrivée. J’avais accepté de rejoindre une personne qui proposait une sortie en forêt. Une balade organisée pour faciliter les rencontres — l'occasion idéale pour se lancer, en famille, dans cet inconnu social. Et au milieu de cette balade, notre hôte s'est arrêté, a posé les mains sur un arbre, et a commencé à lui parler doucement. Puis à le serrer dans ses bras.

Mon mari, mes filles et moi aimons aussi sincèrement la nature. Mais face à cette situation, nous nous sommes regardés avec ce sourire poli qu'on réserve aux situations qu'on ne sait pas très bien comment gérer.

Groupe de femmes qui se promènent en forêt souriantes

Et depuis, l’anecdote de « la dame qui fait des câlins aux arbres » est restée. Non pas pour se moquer d’elle, mais pour nous rappeler simplement qu’effectivement : tout le monde ne nous convient pas. Et que c'est normal. L'enjeu n'est pas de trouver quelqu'un de parfait à chaque sortie, mais de s'exposer régulièrement, jusqu'à ce que les bonnes rencontres émergent.

Certaines de mes meilleures rencontres à Bristol sont nées exactement comme ça : dans des sorties organisées, lors d’événements où je n’avais pas forcément prévu d’aller au départ, ou au détour d'une conversation complètement improvisée.

Reconnaître celles qui comptent

Reste une dernière question, et pas des moindres : une fois qu’on accepte de s’exposer au moins un peu, comment reconnaître les rencontres qui comptent vraiment — celles qui deviennent de vraies amitiés, et pas juste une connaissance de plus ?

C’est un sujet à part entière, que j’explore en détail ici.

Ici, retenez simplement une chose : plus vous saurez qui vous êtes et où vous voulez (désormais) aller — dans votre vie sociale comme au niveau de votre vie dans son ensemble — plus ces rencontres prendront du sens.

Et maintenant ?

Reconstruire une vie sociale en expatriation, ce n'est pas une case à cocher. C'est un processus — parfois lent, parfois surprenant, parfois drôle malgré tout.

Alors plutôt que de chercher à rencontrer « pleins de nouvelles personnes », il y a peut-être une question plus fondamentale à se poser : qu'est-ce que vous voulez construire, ici, au niveau de vos nouvelles amitiés possibles et pourquoi ? Quelle vie souhaitez-vous vraiment avoir — pas juste socialement, mais dans l'ensemble ?

Parce que quand on sait vers quoi on va, les rencontres prennent un sens différent. On choisit mieux. On s'investit dans ce qui compte vraiment. On est attiré et on attire davantage les personnes qui nous correspondent.

Si vous souhaitez faire le point sur votre vie d’expatriée, pour construire une vie qui vous ressemble vraiment, ici et maintenant, L'Escale est fait pour vous. Ce programme vous aide à clarifier votre direction dans cette vie d’expat qui est maintenant la vôtre — pour que tout le reste, y compris votre vie sociale, puisse se construire non plus sur de l'aléatoire, mais sur des bases qui vous ressemblent vraiment.

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