Trouver sa place en expatriation : pourquoi vous ne la trouverez pas (et ce qui est possible à la place)

Par Virginie

Depuis combien de temps êtes-vous ici ? Six mois, deux ans, cinq ans ?

Et si je vous demandais si vous avez trouvé votre place, qu'est-ce que vous répondriez ?

Peut-être un oui, franc. Peut-être un « ça dépend des jours ». Ou peut-être que vous auriez une petite hésitation, un peu gênée, comme si vous aviez l'impression qu'il y a une bonne réponse à donner — et que ce n'est pas la vôtre.

C'est cette hésitation qui m'intéresse et qu'on va développer dans cet article. Parce que je crois qu'elle ne dit pas ce qu'on croit.

Un mot qui pèse plus qu'il n'en a l'air

« Avez-vous trouvé votre place ? », c'est une question qu'on peut facilement poser à quelqu'un qui vit une expatriation. Et pourtant, quelque chose cloche dedans. Pas dans l'intention — dans un mot.

Trouver.

Trouver, c'est ce qu'on fait avec des choses qui existent déjà. On trouve ses clés, on trouve un appartement, on trouve la sortie. Il y a quelque part quelque chose qui attend, et notre travail consiste à mettre la main dessus.

Mais « trouver sa place » ? Ça sous-entend qu'on doit chercher. Comme s'il existait quelque part une place déjà créée, déjà faite, à notre taille, qui nous attendrait.

Et si on ne la trouve pas ? On en tire une conclusion — presque toujours la même — que c'est de notre faute. Que c'est nous qui n'avons pas tout fait comme il faut, qui avons mal cherché, pas au bon endroit, pas de la bonne façon.

Et si le problème n'était pas dans la réponse, mais dans la question ?

Il existe une autre façon de le dire

On dit « trouver sa place ». Pourtant une autre version existe, bien plus adaptée à quelqu'un d'expatrié justement : se construire une place.

Un mot d'écart. Et pourtant, ces deux expressions ne vont pas du tout dans la même direction.

Dans la première, la place existe déjà quelque part, et vous l'avez trouvée — ou pas. Dans la seconde, elle n'existe pas encore, et c'est à vous de la faire exister.

C'est la première qu'on emploie, presque toujours, sans y penser. Alors que c'est la seconde qui vous offre le plus de possibilités en tant que personne expatriée.

Et ce n’est pas qu’une question de vocabulaire.

Si votre place est à trouver, il n’y a que deux issues : vous l’avez trouvée, ou non. Et si, au bout de deux ans, ce n’est pas le cas, vous finissez par vous demander ce qui ne va pas chez vous.

Si elle est à construire, la question change. Il n’y a plus de bonne réponse à rater : il y a quelque chose à faire, à votre façon et à votre rythme. Et ne pas l’avoir encore fait n’est pas un échec, ça reste simplement à faire.

Alors, qu'est-ce qui organise vos journées ?

Une fois qu'on a compris ça, une question se pose. Une vraie.

Vos journées, en ce moment, qu'est-ce qui les organise ?

Il y a d'abord tout ce qui s'impose, et sur quoi personne ne peut grand-chose. L'école à telle heure. Le rendez-vous médical qu'il a fallu trois semaines pour obtenir. Le formulaire à remplir avant vendredi. Ça, c'est la vie — ici comme ailleurs, et personne n'y échappe.

Et puis il y a le reste. Le cours de langue. Le café des expatriés le jeudi. Le groupe de marche, le brunch du dimanche, la sortie culturelle repérée sur le groupe WhatsApp local.

Ça, personne ne l'impose, ni à vous, ni à moi.

Groupe de femmes discutant lors d'un événement, debout, un verre à la main

On le fait parce que c'est proposé, parce que c'est une opportunité de voir du monde, parce que les autres y vont. Parce que ça ressemble exactement à ce qu'il faut faire quand on arrive quelque part.

Et aussi, parfois, parce qu'on ne sait pas très bien quoi faire d'autre, de toute façon.

Et c'est très bien ainsi

Entendons-nous : il n'y a rien à renier là-dedans, et surtout rien à critiquer.

Participer à des événements, rencontrer de nouvelles personnes, toute personne expatriée le fait — moi la première.

C’est comme ça qu’on s’intègre, qu’on apprend la langue, qu’on comprend le pays où l’on vit désormais. Et quand on arrive, on ne sait pas encore ce qu’on aime ici : dire oui à ce qui se propose, c’est aussi une façon de le découvrir. Ces activités-là ont adouci vos premiers mois, elles vous ont sans doute évité bien des dimanches difficiles, et certaines d’entre elles vous plaisent sincèrement.

Ça fait partie de la vie d'expatriée, tout simplement. Gardez-les.

Mais y a-t-il aussi quelque chose qui soit vraiment à vous ?

Voilà la question que je voudrais vous poser.

En parallèle de tout ça — des obligations qui s’imposent et des activités qui se proposent — est-ce qu’il y a quelque chose que vous construisez, et qui n’appartienne qu’à vous ?

Pas quelque chose d’énorme. Pas forcément quelque chose d’extraordinaire, ni une grande idée. Simplement une chose que vous avez choisie, vous — un projet, une habitude, un apprentissage — et qui n’existerait pas si vous ne l’aviez pas décidée.

Si la réponse est oui, tant mieux — et vous savez déjà de quoi je parle.

Si elle est plutôt non, ce n’est pas étonnant. S’expatrier, c’est déjà une sacrée aventure en soi, alors on a vite tendance à penser qu’elle se suffit à elle-même.

Et pourtant.

Il y a une chose que vous n’aviez pas avant : rien n’est encore figé. Votre vie d’avant était installée depuis longtemps — celle-ci s’écrit encore.

Et ça, c’est une réelle opportunité.

Personne ne construit la même chose

Et si ces lignes vous parlent et que vous envisagez de vous lancer — peu importe dans quoi ou vers quoi — gardez une chose en tête : ce point de départ n'appartient qu'à vous, et il ne ressemblera à celui de personne d'autre.

Une femme qui a trouvé un travail en six mois n'a pas mieux réussi que celle qui a passé ces six mois à installer sa famille. La première a construit une place où le travail comptait beaucoup ; l'autre avait besoin que tout le monde ait ses repères avant de penser à elle. Aucune n'est en avance, aucune n'est en retard. Elles ne construisent simplement pas la même chose — et c'est très bien ainsi.


C'est pour cela qu'il ne sert à rien de regarder ce que font les autres autour de vous. La seule question qui compte, c'est : parmi tout ce que vous faites de vos journées,
qu’est-ce qui est vraiment à vous, et contribue à vous épanouir ?

Pas des choses « comme tout le monde ». Pas des « c'est ce que font tous les expatriés ». Quelque chose qui parte de vous.

Par où démarrer

Reste évidemment la question la plus difficile de toutes : quoi ?

Et pour y répondre, on ne part pas d'une idée qui tomberait du ciel un dimanche soir. On part de sa vie, telle qu'elle est. De ce qu'on a laissé derrière, de ce que ce départ a apporté, de ce qui compte vraiment aujourd'hui.

Autrement dit : il faut commencer par faire le point. Et faire ce point, c'est souvent plus facile à dire qu'à faire. Parce qu'on manque de recul quand on est dedans, et qu'on ne sait pas toujours par quel bout commencer.

C'est exactement ce que propose L'Escale. Trois modules courts pour faire le point : ce que cette expatriation vous a retiré, ce qu’elle peut vous apporter, et ce que vous voulez en faire maintenant. De quoi transformer une impression diffuse en direction claire.

Ce n'est pas un grand travail sur soi. C'est un point de départ — et c'est souvent à partir de là que tout commence.

Femme souriante peignant dans son atelier, penchée sur son travail près d'une fenêtre

Coaching pour femmes expatriées francophones.