Par Virginie
En 2018, j'avais 6 ans de salariat derrière moi. Un poste stable dans une grande entreprise. Un salaire fixe. Et cette conviction profonde, ancrée quelque part dans un endroit que je n'interrogeais même pas : l'entrepreneuriat, c'était pour les autres. Pas pour moi.
Je ne me disais pas ça consciemment. Je ne me levais pas le matin en pensant "je ne suis pas capable d'entreprendre". C'était plus insidieux que ça. C'était une certitude silencieuse, tellement installée qu'elle ne se questionnait pas. Comme une règle non écrite que j'avais intégrée sans m'en rendre compte.
Et puis j'ai suivi un programme de coaching — le programme Spark de Franck Nicolas.
Le programme fonctionnait d'une façon particulière : régulièrement, tout le long de celui-ci, des entrepreneurs étaient interviewés et racontaient leur parcours. Pas des entrepreneurs tous issus du même moule — au contraire. Des profils complètement différents, des hommes, des femmes, des secteurs sans aucun point commun, des histoires qui n'avaient rien à voir les unes avec les autres.
Leur seul point commun : ils avaient osé se lancer.
Et c'est là que quelque chose a commencé à se fissurer en moi. Pas d'un coup. Pas lors d'une session en particulier. Progressivement, au fil des témoignages, une évidence s'est imposée : si eux pouvaient — avec leurs parcours si différents, si éloignés de ce que j'imaginais être "le profil de l'entrepreneur" — alors pourquoi pas moi aussi ?
Ce n'était pas une révélation spectaculaire. C'était plus subtile que ça, et en même temps beaucoup plus puissant : la preuve, répétée, que l'entrepreneuriat n'était pas réservé à un seul type de personnes. Qu'il n'y avait pas de profil requis. Pas de case à cocher.
Juste des gens à la base ordinaires qui avaient décidé d'essayer et qui sont devenus, à mes yeux, des personnes extraordinaires.
Parce qu'avant cette prise de conscience, j'avais trois convictions bien installées qui me maintenaient à distance de l'idée même d'entreprendre.
La première : j'étais une femme. Je savais bien sûr que des femmes entrepreneures existaient. Mais quelque part, sans me l'avouer vraiment, je pensais que c'était plus facile pour un homme. Pas impossible pour une femme — juste plus difficile, plus risqué, moins naturel. Une croyance fausse, je le sais aujourd'hui.
La deuxième : personne autour de mon réseau proche n'avait jamais entrepris. Il y a bien mon oncle qui, lui, a réussi à entreprendre, mais on se voyait peu. Et quand personne ou presque ne l'a fait avant vous, il est très difficile de s'imaginer le faire. On a besoin de voir que c'est possible pour des gens qui nous ressemblent. Sans exemple concret, sans modèle à suivre, l'entrepreneuriat restait un concept abstrait — intéressant pour les autres, inaccessible pour moi.
La troisième : les discours de mon entourage. Maladroitement bienveillants, souvent. Mais surtout catégoriques. C'est trop risqué. Le salariat c'est plus sûr. C'est pour les autres, pas pour nous, sous-entendu donc : pas pour toi. Ces phrases-là, quand on les entend trop souvent, finissent par devenir des vérités. Des vérités qu’on ne questionne même pas tant elles sont devenues des évidences.
Ces trois croyances ne m'empêchaient pas de vivre. Elles m'empêchaient d'envisager.
Ce que j'ai appris — et c'est peut-être la chose la plus précieuse que le coaching m'a apportée — c'est que la prise de conscience n'est que l'étincelle. Indispensable, oui. Mais insuffisante seule.
On imagine souvent que le déclic suffit. Qu'une fois qu'on a compris, qu'on a réalisé — c'est réglé. On avance. Peu importe le sujet.
Mais les anciennes certitudes ont cette fâcheuse tendance d'être aussi tenaces que discrètes. Elles reviennent sous d'autres formes, avec d'autres arguments, souvent au pire moment — pour nous faire douter juste quand on s'apprête à faire quelque chose de nouveau. Oui mais si les autres avaient raison ? Oui mais si ce n'était pas le bon moment ? Oui mais si ça ne marchait pas ?
Le vrai travail commence après le déclic. Et ce travail, c’est celui d'ancrer. De remplacer progressivement les vieilles certitudes par de nouvelles. De continuer d'avancer même lorsque les doutes reviennent. De construire, pas à pas, la permission de se voir autrement — et d'y rester.

C'est ce travail-là que le coaching accompagne. Et c'est lui qui représente l'essentiel du chemin.
Parce qu'en expatriation, on repart de zéro sur à peu près tout. Les repères professionnels, le réseau, l'identité construite autour d'un rôle, d'un titre, d'une routine. Tout ça s'efface ou se brouille au moment du départ.
Pourtant, ce qui pourrait sembler être une perte est en réalité une fenêtre rare : celle de pouvoir librement se demander, sans les contraintes habituelles, sans notre entourage qui nous a « toujours vu comme ça », qui on veut être maintenant. Quel chemin on veut prendre. Quelle personne on veut devenir. Ce qu'on voulait peut-être depuis longtemps, sans jamais s'en donner la permission.
Mais cette fenêtre ne s'ouvre pas toute seule. Et la traverser seule, c'est souvent plus long, plus incertain, plus épuisant qu'avec un accompagnement. Pas parce qu'on n'en est pas capable. Mais parce qu'on n'a pas toujours les bons outils pour distinguer ce qui nous appartient vraiment de ce qu'on a simplement intégré sans le choisir.
Ce travail de fond sur soi — distinguer ce qui nous appartient vraiment de ce qu'on a simplement intégré, débusquer ces croyances qu'on n'a jamais questionnées — porte un nom. Un nom que, longtemps, j'ai regardé de loin avec un sourire en coin. J'en parle en détail dans cet article.

Je ne suis pas coach parce que c'est un beau métier. Je suis coach parce que j'ai vécu ce que vivent ces femmes — cette certitude silencieuse que certaines choses ne sont "pas pour elles". Et parce que j'ai vu, de l'intérieur, ce qu'un accompagnement bien construit peut changer.
Boussole est née de ça. Un programme complet pour vous aider à faire exactement ce que j'ai fait — pas nécessairement vers l'entrepreneuriat, mais vers ce qui vous ressemble vraiment.
Comprendre d'où viennent vos croyances. Vous donner la permission de les questionner. Vous autoriser à envisager un avenir différent. Et devenir enfin qui vous choisissez d’être — pas qui on vous a appris à être.
Si vous avez lu jusqu'ici et que ces mots vous parlent, alors c'est peut-être qu'il est temps pour vous de vous retrouver.

Coaching pour femmes expatriées francophones.