Expatriée et entrepreneuse : ce que vous vous dites — et ce qui est réellement possible

Par Virginie

Il y a une pensée que beaucoup de femmes expatriées n'osent pas formuler à voix haute. Pas devant leur conjoint, pas devant leurs amies, parfois même pas devant elles-mêmes.

C'est une pensée qui ressemble à : "et si je lançais quelque chose ?"

Elle arrive souvent dans les moments calmes. Le matin, avant que la maison ne s'anime. Pendant une promenade. En regardant défiler un post LinkedIn d'une ancienne collègue qui vient de lancer son activité.

Et puis, presque aussitôt, arrive l'autre pensée. Celle qui répond : "non. Pas maintenant. Pas ici. Pas moi."

Si ces pensées se chevauchent de temps en temps dans votre tête, et que c’est la seconde qui gagne à tous les coups, sachez que ce n’est pas par manque d’ambition. Ce n’est pas par paresse. C’est à cause de quelque chose de beaucoup plus profond — et de beaucoup plus courant qu’on ne le croit.

"Ce n'est pas pour moi" — le frein qu'on n'ose pas nommer

Il y a des croyances qu'on ne questionne jamais vraiment. Pas parce qu'elles sont vraies, mais parce qu'elles sont là depuis si longtemps qu'elles font partie du décor.

Je ne suis pas le profil entrepreneur.
Je n'ai pas les épaules pour ça.
Il faut un réseau, un capital, une idée révolutionnaire. Je n'ai rien de tout ça.


Ces pensées, je les ai eues. Quasiment mot pour mot. Avant de lancer Horizon, depuis Bristol qui plus est, je me suis dit exactement ça — que ce n'était pas pour moi, que je n'avais pas ce qu'il fallait, que d'autres étaient mieux armées. J'en parle plus en détail dans mon article sur le coaching, mais ce que je peux dire ici, c'est que ces croyances n'avaient rien à voir avec la réalité. Elles avaient tout à voir avec la peur.

Et des peurs, on en a tous. Des croyances limitantes aussi. Or, envisager de lancer quelque chose, c'est s'exposer à l'échec possible. Et personne n'aime ça. C'est sortir de la zone dans laquelle on est, qui est certes un peu inconfortable car quelque chose nous manque, mais au moins : elle est connue. C'est aussi, souvent, prendre le risque de vouloir quelque chose pour soi — vraiment pour soi — dans une période où on a l'impression d’avoir déjà beaucoup reçu.

Ce que j'ai appris, en traversant tout ça et en côtoyant des femmes qui vivent des choses similaires, c'est que ces croyances ne sont pas des signaux d'alerte. Elles sont des signaux de passage. Elles ne sont pas là pour vous dire « arrête-toi ». Elles vous indiquent simplement que vous êtes arrivée à la frontière de votre zone connue — exactement là où quelque chose de nouveau peut commencer.

"Ça attendra le retour" — pourquoi cette phrase coûte plus cher qu'elle n'y paraît

Il y a un autre frein, peut-être encore plus insidieux que le premier. Celui-là ne dit pas "ce n'est pas pour moi". Il dit : "ce n'est pas le bon moment."

Je ne connais pas le système.
Le visa ne me le permet pas vraiment.

Je réfléchirai à ça plus tard.
De toute façon, on rentre dans deux ans.


Et donc on attend. On met le projet dans une boîte mentale étiquetée "plus tard" — et on referme le couvercle.

Ce que cette phrase oublie, c'est que "plus tard" a un coût. Celui du temps qui passe. Celui des idées qui se fossilisent. Celui, aussi, d'une énergie créative qui ne trouve pas d'espace pour s'exprimer et qui finit par se retourner contre soi — sous forme d'ennui, de frustration, parfois de sentiment de vide inexpliqué.

Pourtant, lancer quelque chose hors de France, c'est parfois plus simple qu'on ne le croit. Et je dis ça non pas « pour faire bien » ou pour vous motiver. Je le dis car j’ai moi-même pu expérimenter les aléas de l’administration française pour simplement créer ma première entreprise en France, et je peux témoigner du bordel que c’est de la complexité de ce système, voire même de l’absurdité de certaines situations.

Femme dépassée par des documents administratifs, main sur le front, laptop ouvert devant elle

Et depuis, j’ai aussi expérimenté la création d’une nouvelle entreprise, depuis l’Angleterre cette fois : Horizon. Et je l'ai lancée en quelques semaines. Sans bureau. Sans réseau local. Sans que personne ne me demande quoi que ce soit de compliqué.

Je ne dis pas que c'est simple partout ni pour tout le monde. Mais juste que l'idée que "à l'étranger, c'est plus compliqué" mérite d'être questionnée — sérieusement.

Ce que l'expatriation vous donne sans que vous le voyiez

Voici quelque chose qu'on ne dit pas assez : l'expatriation est, pour certaines femmes, une des conditions les plus favorables qui soit pour se lancer dans un projet.

Pas malgré les contraintes. Mais plutôt grâce à elles.

Quand vous viviez dans votre pays d'origine, vous baigniez dans une image de vous-même construite sur des années. Votre entourage vous connaissait sous un certain angle. Vos anciens collègues avaient une case pour vous. Votre famille avait des attentes, des souvenirs, une version de vous qui datait parfois de l'adolescence. Tout ça pèse — bien plus qu’on ne le pense.

En expatriation, cette pression et ce cadre disparaissent en grande partie. Vous n'êtes plus "la fille de", "l'ancienne de", "celle qui a toujours fait ça". Vous êtes simplement vous — dans un contexte nouveau, avec une liberté que beaucoup ne voient pas parce qu'elles sont encore trop dans leur "ancien moi".

Pourtant c'est une liberté rare. Celle de pouvoir envisager de vous diriger vers quelque chose de vraiment à vous, sans avoir à convaincre qui que ce soit de l'ancienne version que vous n'êtes plus complètement.

Et il y a aussi le temps. Et le recul. Dans votre vie d'avant — avec son rythme, ses obligations, son quotidien bien rempli — vous n'aviez souvent pas l'espace mental pour vous demander ce que vous vouliez vraiment. En expatriation, cet espace existe. Il est parfois inconfortable à habiter. Mais il est là.

Par où commencer — sans se précipiter

Si vous lisez cet article et que quelque chose résonne, la tentation peut être de vouloir agir vite. De chercher une formation, un statut juridique, une idée viable.

Je vous propose de résister à cette tentation — au moins un peu.

Parce que ce qui manque rarement aux femmes qui envisagent de se lancer : c'est l'information. Ce qui leur manque le plus souvent par contre : c'est la clarté. Sur ce qu'elles veulent vraiment et ce qu'elles peuvent envisager de faire ici et maintenant.

Avant de savoir quoi lancer, il est souvent utile de commencer par faire le point pour savoir vers quoi on veut se diriger. Car c'est une fois ce point de départ trouvé et clarifié que vous pourrez avancer vers ce qui vous attire vraiment.

C'est exactement ce point de départ que je propose avec L'Escale : trois modules pour prendre du recul sur votre expatriation et ainsi trouver une direction qui vous ressemble.

Pas parce que vous avez un problème à résoudre. Mais parce que certaines questions méritent d'être posées sérieusement — et que vous méritez d'y répondre dans un espace qui soit vraiment le vôtre.

Femme expatriée souriante travaillant sur son projet depuis chez elle, lumière naturelle

Coaching pour femmes expatriées francophones.