Par Virginie
Il y a quelque chose que j'ai remarqué depuis que je suis arrivée à Bristol : les femmes expatriées que je côtoie sont, pour la grande majorité, sincèrement contentes d'être là. Pour leurs enfants, pour leur conjoint, pour le fait de vivre cette aventure en famille. Et aussi pour elles — il y a une vraie fierté d'avoir osé sauter le pas, d'avoir tout quitté pour partir.
Mais il y a aussi autre chose que j'ai remarqué, d'assez commun à beaucoup d'entre elles.
Quelques semaines, parfois quelques mois après leur arrivée — une fois les cartons défaits, l'école trouvée, le quotidien reposé — il se passe souvent quelque chose de discret. Un léger décalage. L'impression diffuse qu'un morceau manque, sans réussir à mettre le doigt dessus. Rien de dramatique, rien qui ressemble à une crise. Juste… un « et moi, dans tout ça ? » qui commence à se faire sentir et qui s'installe en sourdine.
Parce qu'au moment de partir, on s'est posé mille questions — l'école, le logement, la paperasse, le poste du conjoint — mais rarement celle-ci : qu'est-ce que cette expatriation va réellement m'apporter, à moi ? Cette question-là : on ne se l'est pas vraiment posée. Pas par négligence, mais parce qu'on avait tout le reste à gérer — et ça nous a poussées à nous mettre, sans vraiment nous en rendre compte, en retrait.
Une fois la phase d'installation passée et avec le temps, ce petit manque devient une envie plus nette : faire quelque chose à soi.
Et c'est souvent là qu'on part en quête de tout un tas d’activités. Que ce soit des activités à partir d’une passion ou d’un centre d’intérêt qu’on avait laissé de côté. Ou au contraire des activités nouvelles car on se dit, à juste titre : c’est le moment de tenter quelque chose de nouveau.
Ces explorations sont précieuses, et elles sont de vraies bonnes pistes. Mais elles peuvent aussi mener vers un piège : celui de remplir ses journées d'activités « juste » pour s'occuper ou se changer les idées… sans jamais se retrouver vraiment.
Pourquoi est-ce que j'appelle ça un piège ? Parce que l'expatriation — avec son lot de chamboulements et de perte de repères — est aussi une occasion rare : celle de tout remettre à plat et de vous retrouver vraiment. (Ce sujet, je ne vais pas le développer ici car j’en parle précisément dans un autre article que vous pouvez trouver ici).
Alors, quand je parle de « faire quelque chose à soi », je ne parle pas d'une occupation de plus. Je parle de se retrouver assez pour faire émerger LE projet — pro ou perso — qui vous tient vraiment à cœur. Ou LA reconversion que vous n'osiez pas envisager jusqu'ici. Ou encore LA version de vous que vous avez toujours voulu être, sans jamais oser la regarder en face. Pas une occupation de plus : un dessein plus profond qui émane sincèrement de vous.
Et c’est là qu’on peut se dire « ok, c’est bien beau tout ça, mais je le trouve comment ce dessein sincèrement à moi ? » C’est là que j’aimerais vous proposer une idée à laquelle on ne pense pas facilement et qui, pourtant, peut tout changer.
Plus vous cherchez votre « quoi » de front, moins il vient. Vous faites des listes, vous pesez le pour et le contre de chaque piste, vous tournez autour… et rien ne se fixe. Ce n'est pas que vous manquez d'idées. C'est que vous commencez par la fin.
Parce qu'un projet qui vous ressemble vraiment ne se cueille pas au détour d'une liste d'envies. Il découle d'autre chose, en amont : votre « pourquoi ». Votre raison d'être à vous — ce qui compte vraiment pour vous, ce que, au fond, vous avez envie d'apporter. Une fois ce « pourquoi » au clair, le « quoi » cesse d'être une énigme angoissante : il en devient une déclinaison. Il y en a même plusieurs possibles — on y reviendra.
Et voici qui va peut-être vous soulager : votre « pourquoi » est sans doute bien plus simple que vous ne l'imaginez.
On croit souvent qu'un « pourquoi » doit être grand, noble, presque philosophique — que s'il est simple, c'est qu'il n'est pas « assez profond ». C'est faux. Plus un « pourquoi » est sincère, plus il est simple. Et plus il est simple, plus il est solide : parce qu'il peut se décliner de mille façons sans jamais se trahir.
Frédéric Chopin disait d’ailleurs : « La simplicité est la réussite absolue. Après avoir joué une grande quantité de notes, toujours plus de notes, c'est la simplicité qui émerge comme une récompense venant couronner l'art. »
Voilà. Tout est dit.

Vous voulez un exemple ? Prenons le mien.
Mon « pourquoi » est d'une simplicité presque gênante — au point qu'il pourrait passer pour naïf. Et pourtant, il ne m'a jamais quittée.
Je crois que lorsqu'une personne vit une vie plus fidèle à elle-même, elle devient un peu plus épanouie. Et qu'une personne plus épanouie a, le plus souvent, davantage envie de faire du bien autour d'elle. Alors, à mon échelle, si je peux aider certaines femmes à retrouver une vie qui leur ressemble plus, je participe — à mon niveau — à rendre le monde un peu meilleur.
Voilà. C'est tout. Oui, je sais : ça peut sembler désarmant et, comme je disais : presque naïf. Mais c'est exactement ce qui me fait avancer depuis des années.
Ce n'est pas nouveau, d'ailleurs. C'était déjà mon moteur quand j'ai tenté de lancer ma toute première activité en France, bien avant l'Angleterre. Suite à cette échec expérience, j'avais mis mon "pourquoi" de côté. En réalité, à ce moment-là, je ne pensais même pas qu'il ressortirait un jour. Je pensais qu'il était juste... terminé, Mais il est resté là, intact.
Et voilà un autre point que j’aimerais vous glisser : un « pourquoi » aussi large aurait pu devenir cent projets différents, tous aussi utiles et sincères les uns que les autres. Alors comment ai-je tranché ? Je me suis tournée vers les femmes que je comprends le mieux — parce que j'en fais partie. Je suis, très exactement, cette femme que j'aurais aimé qu'on aide pendant mon expatriation : celle qui, sans même s'en rendre compte, s'était mise de côté pour le projet de toute la famille. Si je n'avais rien fait, je serais sans doute restée en retrait encore longtemps.
Mon « pourquoi » est simple, et il était ancien. C'est en le croisant avec ce que je connais de l'intérieur qu'est né mon « quoi » : Horizon.
Je viens de vous dire que mon « pourquoi » aurait pu devenir cent projets. Gardez bien cette idée, parce qu'elle vaut pour vous aussi — et c'est sans doute le point le plus libérateur de cet article.
On s'imagine souvent qu'il existe, quelque part, UN bon projet : le vrai, celui qu'il faudrait dénicher parmi une foule de mauvaises idées, et qui rendrait tout évident une fois trouvé. C'est faux. À partir d'un « pourquoi » sincère, ce n’est pas une seule bonne piste qui peut en émerger, mais plusieurs. Vraiment plusieurs. Toutes valables, toutes un peu imparfaites, toutes capables de servir votre « pourquoi ».
Je pense à une femme que je connais et qui, je trouve, a un vrai potentiel car elle cherche sincèrement son projet depuis longtemps. Selon moi, son blocage, ce n'est pas le manque d'idées, au contraire : c'est qu'elle cogite. Elle veut être certaine, absolument certaine, d'avoir trouvé LE bon projet avant de se lancer. Alors elle réfléchit, elle compare, elle attend le signe qui lui dira « c'est celui-là ». Et elle attend encore.
Sauf qu'on ne peut pas savoir si un projet est le bon avant de l'avoir construit. La certitude ne vient pas avant — elle vient en chemin, parfois après des semaines, des mois à bâtir, à tâtonner, à douter, à ajuster, mais toujours : après s’être lancée. Attendre d'être sûre à 100 % avant de commencer, c'est se condamner à ne jamais commencer.
Choisir une bonne piste et s'y mettre — quitte à l’ajuster ou la corriger en route — n'est pas un pari risqué. C'est la seule façon de savoir. Vous ne vous « trompez » pas en choisissant : vous apprenez en avançant.
À ce stade, vous vous dites peut-être : « Très bien, j’ai compris… mais mon "pourquoi", moi, je ne le connais pas encore. ». Et c'est normal : un "pourquoi", ça ne se décrète pas, ça se déterre doucement.
C'est tout le travail que je vous propose de faire grâce à Boussole : revenir à ce qui compte vraiment pour vous, mettre des mots clairs sur votre « pourquoi », et faire émerger — puis choisir — le « quoi » qui en découle, sans attendre d'être « sûre à 100 % ».
Si cet article vous a parlé, c'est sans doute que votre « pourquoi » est déjà là, quelque part. Boussole est fait pour vous aider à le mettre au jour — et à en faire naître quelque chose qui soit vraiment à vous.


Coaching pour femmes expatriées francophones.