Par Virginie
Vous travaillez.
Alors, pour les personnes que vous côtoyez, cette question-là semble réglée. Vous n'êtes pas celle à qui on demande, l'air un peu soucieux : « et toi, tu fais quoi de tes journées ? tu ne t'ennuies pas trop ? » Vous, vous avez un poste, un salaire, un agenda plein. De ce côté-là, on vous imagine sereine.
Du coup, personne ne vous demande vraiment comment ça se passe dans ce travail. S'il vous remplit — ou s'il remplit "juste" vos journées et vous permet d'avoir un salaire. Et cette réflexion, il est possible que vous ne la laissiez pas beaucoup émerger vous non plus. Parce qu'au fond, vous vous dites : « j'ai un job. C'est déjà pas mal. »
Sauf qu'il y a ce petit décalage. Plus ou moins discret, mais présent. Ce moment, le soir, où vous vous dites que votre journée était pleine… mais pas tout à fait la vôtre.
Et si vous aviez, vous aussi, le droit de vous poser la question : est-ce que ce travail m'épanouit vraiment — ou est-ce qu'il m'apporte "juste" un salaire ?
Ce travail, mettons les mots dessus : il y a une possibilité pour que ce soit un job-tampon.
Un travail que vous avez pris parce qu’il faut bien payer les factures. Mais aussi peut-être parce que vous ne vous voyiez pas ne pas travailler. Ou parce que vous vouliez occuper vos journées, ou vous trouver une place « à vous » dans ce nouveau pays. Peut-être un poste en dessous de ce que vous faisiez avant. Peut-être dans un domaine qui n'a jamais vraiment été le vôtre. Ou simplement ce que vous avez pu décrocher ici — avec la langue, le visa, les diplômes qu'on ne reconnaît pas toujours.
Et attention : un job-tampon, ce n'est pas rien. Il paie. Il structure vos semaines. Il vous sort de chez vous, vous fait croiser du monde, vous donne un point d'ancrage. Il a son utilité.
Mais il remplit vos journées et votre compte en banque. Pas forcément vous.
Et c’est justement parce qu'il « fait l'affaire » que vous arrêtez de vous poser la question. Vous rangez vos envies dans un coin — ou vous les remettez à « plus tard », « quand on sera rentrés » (pour celles concernées), « quand les enfants seront plus grands ». Et vous vous faites toute petite sur ce sujet-là.

Peut-être qu'en lisant ça, une petite voix proteste déjà : « Mais de quoi je me plains ? J'ai un travail, un salaire, une vie confortable grâce à tout ça. Beaucoup aimeraient être à ma place. »
Cette voix est normale. Mais elle vous piège.
Parce que vouloir autre chose que « payer les factures », ce n'est pas renier ce que vous avez. C'est juste reconnaître une chose simple : un travail peut remplir votre vie matérielle sans nourrir ce que vous êtes. Et les deux comptent.
Votre job-tampon a fait ce qu'il avait à faire. Ça ne veut pas dire qu'il doit durer toujours — ou tout le temps de votre expatriation. Ni que c'est tout ce à quoi vous avez droit.
Et voici le paradoxe que peu de femmes voient : cette expatriation qui vous a « obligée » à prendre ce poste par défaut, c'est peut-être aussi votre plus belle occasion de tout reposer à plat. Loin de vos anciens repères, des cases dans lesquelles vous étiez rangée « au pays », vous avez ici une liberté rare : celle de ne plus vous demander « quel job je peux décrocher », mais « qu'est-ce que je veux, moi, vraiment ? ».
Il y a de fortes chances que vous ayez déjà croisé Horizon — ou ce genre d'accompagnement — et que vous vous soyez dit, assez rapidement mais surtout machinalement : « C'est sûrement bien. Mais pour moi ? Non. Ça, c'est pour celles qui ne travaillent pas, qui ont plus de temps que moi pour ça, qui cherchent quoi faire de leurs journées. Moi, j'ai un travail. »
Je comprends. Mais c'est passer à côté de l'essentiel.
Parce que Horizon ne parle pas d'« avoir un job ou pas ». Il parle d’alignement au niveau de sa vie. Et, en ce qui vous concerne donc, il parle de l'écart — celui entre la vie que vous menez et celle qui serait vraiment la vôtre. Et cet écart, un emploi ne le comble pas forcément. Parfois même, il le masque : il vous occupe assez pour que vous n'ayez plus le temps — ni l'autorisation intérieure — de le regarder en face.
Alors non : ce n'est pas parce que vous travaillez que ce n'est pas pour vous. C'est peut-être même pour vous. Pour celle qui a coché toutes les cases — le poste, le salaire, l'agenda plein — et qui sent, tout au fond d’elle-même malgré tout, qu'il lui manque quelque chose qui lui ressemble vraiment.
Bonne nouvelle : vous n'avez pas besoin de tout plaquer, de démissionner sur un coup de tête, ni d'avoir déjà « le » grand projet tout prêt dans un coin de votre tête.
Parce que « savoir ce que je veux vraiment », ça ne tombe pas du ciel un matin. Ça se pose, ça se creuse — avec les bonnes questions, et un peu de méthode.
C'est exactement là que L'Escale peut vous aider.
Un premier pas court et accessible, pensé pour celles qui sentent qu'il y a autre chose à aller chercher, mais qui ne savent pas encore quoi — ni par où commencer. Pas un grand chantier de plusieurs mois : juste ce qu'il faut pour y voir plus clair et commencer à tracer une direction qui vous ressemble, à vous.
Le reste, viendra naturellement ensuite.


Coaching pour femmes expatriées francophones.