Vous avez choisi de partir. Alors pourquoi avez-vous perdu confiance en vous ?

Par Virginie

Vous n’avez pas suivi pour concrétiser cette expatriation. Vous l’avez choisie. À deux, avec envie, peut‑être même avec l’impression d’ouvrir une nouvelle page rien qu’à vous. Vous y aviez mis de l’espoir, des attentes et sûrement même de l’ambition pour vous aussi.

Et pourtant, aujourd’hui, vous ne vous reconnaissez plus. Lui a trouvé sa place assez vite : peut-être via un travail, un rythme, ou des repères qui lui sont propres. Vous, vous cherchez encore la vôtre. Et à force de le regarder avancer pendant que vous stagnez, une phrase a fini par s’installer, basse et tenace : « on a décidé ensemble de partir — alors pourquoi c’est lui qui a trouvé un travail et des repères, et pas moi ? »

(Si, vous, vous avez suivi votre conjoint sans avoir vraiment choisi cette expatriation au départ, votre vécu n’est pas tout à fait le même — j’en parle alors précisément dans cet article.) Parce qu’au fond, la porte par laquelle on entre en expatriation peut être différente. Mais ce qu’on ressent quand l’autre (re)trouve sa place avant nous est le même, quelle que soit la porte par laquelle on est entrée.

Non, vous n’avez pas échoué

Posons‑le clairement : si votre confiance s’est effritée, ce n’est pas parce que vous avez échoué. Vous n’avez rien raté. Vous avez déplacé votre vie entière dans un pays qui n’était pas le vôtre, tout recommencé là où les autres avaient déjà leurs codes, peut-être même tenu une famille debout pendant que le sol bougeait sous vos pieds. Ça, ce n’est pas un échec — c’est quelque chose que vous avez réussi à faire et il n’y a pas de débat là-dessus.

Si votre confiance a chuté malgré ces victoires, ce n’est pas parce que vous valez moins. Elle a chuté pour deux raisons principales qui sont liées : vous vous êtes mise à vous comparer et vous vous êtes comparée à la mauvaise personne.

Vous comparer vous fait oublier tout ce que vous avez déjà réussi

Premièrement, donc : le fait de vous comparer. On croit que ça nous aide à nous situer, à voir où on en est et donc à avancer. En réalité, c’est l’inverse. Parce qu’au moment où vous vous comparez, vous braquez toute la lumière sur ce que l’autre a réussi — et vous laissez dans le noir tout ce que vous, vous avez déjà accompli. Ces victoires qu’on vient de lister, celles que vous ne vous accordez même pas : la comparaison les efface d’un seul coup.

Et c’est un jeu perdant à tous les coups et dans tous les domaines. Vous braquez le projecteur sur ce que l’autre a réussi — et vous laissez dans l’ombre tout ce que vous avez déjà accompli. Forcément, vous avez l’impression d’être en retard — alors qu’en vérité, vous avez juste arrêté de compter ce que vous avez déjà fait.

Et surtout, quand on se compare, on emprunte sans s’en rendre compte la définition d’« avancer » de quelqu’un d’autre. On se demande « pourquoi est-ce que je n’avance pas aussi vite qu’elle ? », alors que la question qui compte est : « est-ce que j’avance vers ce que je veux, moi ? » Et ça, aucune comparaison ne peut y répondre.

Vous ne vous comparez pas à la bonne personne

Deuxièmement, cette personne à qui vous vous comparez, il y a de grandes chances pour que ce soit lui : votre conjoint. Et c’est logique. C’est la seule personne qui a décidé exactement la même chose que vous : partir, ensemble, vers le même pays. Alors forcément, il devient votre point de repère.

Sauf que depuis que vous êtes arrivés, lui a peut-être trouvé un poste, a son agenda plein, son salaire et peut-être même son assurance revenu. Et vous, à côté, vous le regardez avec ce petit sentiment d’injustice qui vous pèse de plus en plus.

Pourtant, c’est précisément là que la comparaison devient une maladroite. Décider ensemble de partir ne veut pas dire chercher la même chose une fois arrivés. Vous avez décidé de partir à deux. Vous n’avez pas décidé de trouver la même chose, au même rythme, au même moment une fois sur place. Et ça, pour une bonne raison : vous êtes tout simplement différents.

Et il y a autre chose de plus subtil : vous êtes peut-être en train de vous demander, bien plus profondément que lui, ce que vous voulez vraiment faire de cette nouvelle vie — ce qui n’est alors ni la même question, ni le même temps.

Qu’il ait trouvé plus vite ne dit rien de ce que vous, vous pouvez trouver. Ça dit seulement qu’il a trouvé ce qui lui correspondait, à lui. Vous comparer à lui ne vous apprend donc rien sur vous, et c’est vrai dans l’autre sens aussi : il n’a pas à se mesurer à vous non plus. Or, tant que le projecteur reste braqué sur lui, vous ne verrez pas la seule chose qui compte : où vous en êtes, vous, et ce que vous voulez vraiment pour vous ici.

Rentrer ne réglerait rien

Alors peut-être que parfois ce décalage vous pousse à avoir une pensée plus extrême. Celle de vous demander si vous ne vous êtes pas finalement trompée et si vous ne devriez pas rentrer. Une idée discrète qui ressemble à : « et si je rentrais ? Là‑bas, au moins, je savais qui j’étais. »

C’est compréhensible. Mais ce serait alors passer à côté de ce qui vous manque. Pourquoi ? Car ce qui vous manque n’est pas resté au pays. Ce n’est pas un lieu, ni un ancien travail, ni la femme que vous étiez avant. Au contraire, si vous y réfléchissez, ce sont sûrement un ou plusieurs de ces éléments qui vous ont justement poussée à partir.

Ce qui vous manque n’est donc pas dans votre vie d’avant. C'est en vous. Simplement, vous ne l’avez pas encore trouvé. Et ça, un billet d’avion ne vous le fera pas trouver : vous emporteriez le même vide dans vos valises. Pire : vous reviendriez exactement au point de départ — celui où vous aviez déjà assez de raisons d’être mal pour avoir eu envie de partir.

Valise ouverte et vide posée devant une penderie remplie de vêtements

Votre solution ne se trouve donc pas dans le fait de faire machine arrière. Elle se trouve exactement à l’opposé : rester ici et vous retrouver vous. Et, bonne nouvelle : si ce qui vous manque est en vous, alors c'est aussi à votre portée.

La vraie question, c’est vous

La vraie question n’a jamais été « où en est‑il, lui ? ». C’est : « qui suis‑je en train de devenir dans tout ça, et qu’est‑ce que je veux, vraiment, pour moi, ici et maintenant ? »

Et cette question, on n’y répond pas en une soirée. C’est un vrai travail de fond : revenir à soi, comprendre ce qui s’est joué, et se reconnecter à ce qui compte pour vous — pour regagner confiance non pas en vous comparant à qui que ce soit, mais en sachant de nouveau qui vous êtes et ce que vous voulez construire ici : quelque chose qui soit à vous.

C’est exactement ce chemin que Boussole vous permet de faire : un programme pour prendre du recul, comprendre qui vous êtes aujourd’hui et faire émerger quelque chose qui vous ressemble vraiment.

Pour que votre vie ici ne rime plus avec une perte de confiance, mais devienne une occasion de vous retrouver, voire de vous découvrir — vous.

Femme de profil, yeux fermés, visage tourné vers la lumière du soir dans un champ

Coaching pour femmes expatriées francophones.