Par Virginie
Vous connaissez la durée approximative de votre expatriation. Vous savez qu'elle a une fin. Et cette fin a d’ailleurs un nom : le retour.
Mais si on vous demandait aujourd'hui ce que sera ce retour — pas la date, pas la ville, pas la maison — mais quelle forme il va prendre, vers quoi il va tendre, ce que vous serez, vous, au moment de faire vos valises dans l'autre sens... est-ce que vous auriez une réponse qui soit vraiment la vôtre à donner ?
La plupart des femmes expatriées que je côtoie ont toutes globalement la même réponse : on va rentrer là où il y aura la meilleure opportunité pour lui, là où il y aura la meilleure école pour eux, parce que c’est la suite logique et « c’est ce que tout le monde fait de toute façon ». Et effectivement : ils rentrent. Et c’est tout.
Et ce « Et c’est tout » n'est pas un reproche. C’est simplement le constat d’une situation que peu d’expats remettent en question, tant elle leur paraît évidente et naturelle.
Quand on arrive dans un nouveau pays, on a la tête ailleurs. On vient de traverser des mois de paperasses, de démarches, de décisions à prendre, de doutes à apprivoiser. On a tout organisé, tout planifié, tout géré — parfois à deux, parfois seule. C'est épuisant, même quand c'est excitant.
Alors le retour ? On le range dans une case mentale qu'on referme aussitôt.
Ce sera comme ça.
On rentrera.
C'est ce que tout le monde fait.
Et puis il y a des raisons concrètes, légitimes, qui renforcent cette certitude : une maison qui attend, une famille qui compte les mois, une vie professionnelle qui reprendra, des amies qu'on retrouvera enfin. L'expatriation a alors toujours été pensée comme une parenthèse — belle, enrichissante, mais une parenthèse quand même. Avec une ouverture et une fermeture.
Cette logique est parfaitement compréhensible. Elle est même rassurante. Mais elle a un angle mort. Elle suppose que le retour va de soi, qu’il n’y a qu’une seule façon de le vivre. Et que la vie reprendra simplement son cours — en mieux.
Sauf que ça, c'est vrai pour certaines. Pas forcément pour toutes. Et on ne peut pas le savoir tant que la question d’un retour qui prendrait une autre forme ne s’est pas posée.
Je ne suis pas en train de vous dire que votre retour devrait ressembler à autre chose que ce que vous imaginez. Vous seule pouvez savoir ce qui est juste pour vous et pour votre famille.
La seule chose que j’essaie de vous dire c’est : vous méritez de vous poser la question de la forme que prendra votre retour plutôt que de simplement imaginer celui-ci comme celui de tout le monde car « c’est ce que tout le monde fait ».
Car l'expatriation offre quelque chose de rare : du recul. La distance avec votre vie d'avant crée un espace de réflexion que le quotidien ne laisse jamais vraiment s'ouvrir. Vos repères habituels ont été bousculés. Vos certitudes aussi, parfois. Et dans ce bousculement, il y a une opportunité : celle de regarder votre vie — pas celle d'avant, pas celle d'après, mais votre vie en général — avec des yeux un peu différents.
Qu'est-ce qui comptait vraiment, dans cette vie d'avant ?
Qu'est-ce qui vous manque sincèrement ?
Et qu'est-ce qui, en y repensant honnêtement, ne vous manque pas autant que vous l'auriez cru ?
Ces questions ne sont pas là pour vous perturber. Elles sont là pour vous aider à construire une suite qui vous ressemble — quelle que soit la forme qu'elle prend.
Il n'y a pas une bonne réponse. Il y en a plusieurs, et elles dépendent entièrement de vous — de ce que vous voulez vraiment, de ce qui est juste pour vous et pour votre famille.
Voici les trois possibilités de retour qui, je pense, pourraient vous parler si vous prenez le temps de vous questionner.
Rentrer dans le même pays, peut-être la même ville, peut-être la même maison. Mais pas tout à fait la même femme. Parce que vous avez profité de cette expatriation pour prendre du recul, pour apprendre à mieux vous connaître, pour identifier ce qui compte vraiment, pour vous débarrasser de certaines croyances ou habitudes qui pesaient sans que vous ne vous en rendiez compte. Ce retour-là est un choix conscient, pas un automatisme. Et il change tout — même si de l'extérieur, rien ne semble avoir bougé.
Un projet. Une activité. Une piste professionnelle ou personnelle qu'on a commencé à construire ici, et qu'on ramène avec soi comme un bagage supplémentaire — le plus précieux. Pas besoin que ce soit grand ou spectaculaire. Juste quelque chose qui est sincèrement à vous, que vous avez fait naître pendant cette période, et qui continuera de grandir une fois rentrée.

C'est l'option la plus perturbante. Parce qu'elle semble compliquée, audacieuse, presque irresponsable. Et pourtant, pour certaines femmes, c'est la réponse la plus honnête. Pas parce qu'elles fuient quelque chose. Mais parce qu'en se posant vraiment la question, elles réalisent que rentrer parce que c'est ce que tout le monde fait ou parce que c’est la suite logique n'est finalement pas la meilleure option pour elles et leur famille. Peut-être qu'une autre ville, un autre pays, une autre aventure correspond mieux à ce qu'elles ont découvert d'elles-mêmes pendant cette expatriation. Ou peut-être que rester ici, dans ce pays où elles ont déjà commencé à construire quelque chose sans même s'en rendre compte, est l'option la plus juste.
Le retour que vous choisirez se décidera en famille, avec beaucoup d’échanges et de temps. Mais il est important d’avoir ces trois options en tête, car elles méritent d'exister comme possibilités — pour que votre réponse, quelle qu'elle soit, soit vraiment un choix.
Ce que je vous invite à faire avec cet article n'est pas de tout remettre en question dès aujourd’hui. C'est simplement d'autoriser ces options à exister, le temps de votre expatriation.
Parce que plus vous vous accordez de temps pour y réfléchir — sereinement, sans pression, loin de l'urgence d'un départ imminent — plus la réponse que vous trouverez sera vraiment la vôtre. Et quelle que soit cette réponse, elle sera meilleure qu'une réponse par défaut
Alors si vous souhaitez vous poser ces questions avec méthode, Boussole vous accompagne sur ce chemin.
Boussole, c’est un programme qui vous aide à mieux vous connaître, pour que chaque décision — même celles encore un peu lointaines — corresponde à qui vous souhaitez vraiment être. Pas ce que vous étiez avant de partir. Ce que vous pouvez devenir.


Coaching pour femmes expatriées francophones.